TOURBUS #landscaping

Mardi 6 février : 4ème Tourbus pour les lycéens de la CdC Montesquieu. Le Bruit du Frigo et le Collectif Genre attendent les élèves sur le parking du lycée, dans un bus de ramassage scolaire très customisé ! Moment hors norme !
C’est quoi ce délire ? disent-ils estomaqués, croyant monter dans leur transport en commun habituel…

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épisode 10 : Au bonheur des vendeurs

À la recherche d’un lieu en forêt, pour filmer musiciens et danseurs du Chat perplexe, l’idée est de trouver un endroit silencieux afin d’enregistrer le son en direct. Mais à la campagne, il y a toujours une tronçonneuse qui surgit quelque part…
Tout du moins, le bruit d’une tronçonneuse. Ou d’un train qui passe. Ou d’une machine agricole. Ou d’un outil bruyant. À la campagne, ça bosse en plein air.
Je les regarde de loin danser au milieu des platanes. Manteau rouge et habits noirs et veste bleu. C’est dommage qu’il n’y ait pas de spectateurs pour profiter de cette poésie.

Suite de la journée. De l’autre côté de la forêt, une classe d’école maternelle attend Stella et Olivier avec impatience. J’assiste à l’atelier.
Sur le tapis de sol, les enfants marchent en musique, ainsi que Stella leur a demandé. Quand Olivier arrête l’accordéon, les enfants stoppent leurs mouvements. Après cet échauffement, elle explique et montre, à la ligne de petits spectateurs assis devant elle, les gestes pour la danse à venir.

On va danser comme si on était dans l’eau ou comme si on marchait dans du chewing-gum.

Elle les encourage à utiliser les bras, les genoux, les corps montent et descendent lentement. Elle raconte des histoires pour inciter des mouvements, ramasser des pommes, et pour la danse finale collective : On fait de la compote !
Stella remarque que les enfants sont plus attentifs depuis que la musique est jouée live.

Changement d’ambiance pour la suite de la journée : les commerces de La Brède vont recevoir la visite de la BPRA ! Voilà dans les rues de la commune, les marionnettes-gendarmes, l’accordéoniste et la chanteuse, Estelle au micro pour enregistrer les paroles des commerçants et continuer d’explorer le CoTEAC, et Morgane à la caméra.
Et, puisqu’on le verra sur les images, moi-même devenue un peu personnage puisque le Chat perplexe m’a trouvé un surnom dans le style des leurs : Call me Simone de Bienvoir, je prends mes notes dans toutes les situations. Allant parfois jusqu’à devenir figurante-danseuse, j’ai fini par apprendre (un peu) la mazurka.

Dans la vie, on ne peut pas rester sans danser.

 

Bienvenue dans une des boucheries de La Brède.
Le boucher  rassure son client, un peu effrayé par ce ramdam
: « T’inquiète pas tout va bien ! Tu vas voir, c’est marrant ce truc ! « 
Il accompagnera même discrètement Stella en chantonnant avec elle L’amant de Saint-Jean. À son tour, comme la pharmacienne, il joue le jeu du CoTEAC dont il donne la recette façon pot-au-feu. Pendant ce temps, l’apprenti a enfilé sa côte de maille et découpe un énorme morceau.
À la fromagerie, il y a d’abord un flottement. Les gendarmes-marionnettes paradent, et font leur show préventif. Dans le magasin, le client et les vendeurs font comme si de rien n’était. Avant que n’entrent les musiciens, je me dis que Ça ne prend pas ici. À la place d’Olivier et Stella, je n’oserai pas entrer… Et puis, contre toute attente, dès les premières notes de musique, des sourires apparaissent… Le fromager constate à la fin : « C’est dommage qu’il n’y ait pas grand monde, parce que c’est très joli, c’est une belle interprétation. »
Il me semble que ce choix de jouer et chanter des morceaux connus favorise un lien direct avec les gens, un partage immédiat. L’impromptu ne dure pas longtemps, il faut pouvoir créer un contact presque spontanément dans un contexte peu favorable…
À son tour, le fromager joue et rit, alors que je le croyais si fermé au début de l’intervention. et le voilà qui vend lui aussi des sachets de CoTEAC devant la caméra de Morgane.
Estelle lui explique le principe de cette rencontre.
Il répond :

« La culture, je n’en ai pas, je suis inculte, pourtant j’aime bien ça, mais j’ai pas le temps… »

 

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C’est interdit !

Ceci est un message de la Cie Le chat perplexe
« 
La Communauté de Communes Montesquieu nous a demandé d’interroger les habitants du territoire sur leur rapport à l’art et à la culture… Durant 5 jours, au mois de décembre, nous sommes donc allés à leur rencontre, leur proposant parfois un morceau de musique, une danse ou un poème…
La majorité des habitants nous a réservé un accueil plutôt chaleureux . Pourtant, à plusieurs reprises, il est apparu que l’art pouvait également être considéré comme un grave trouble à l’ordre public… C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons créé la BPRA (Brigade de prévention des Risques Artistiques), confrontant ainsi fiction et réalité. ATTENTION : Ce montage sonore n’a reçu aucune des autorisations nécessaires. A priori, il est donc totalement interdit de le produire, de le diffuser et… de l’écouter ! »

 

BPRA

Document réalisé par ©cieLeChatperplexe

Episode 9 : Réfléchir et danser toujours

Je commence encore ma journée au son de l’accordéon. Cette fois, Olivier joue assis dans un canapé. Matin au gîte. Je viens les rejoindre pour la matinée « brainstorming ».

La troupe s’est installée – où elle a trouvé – pour la semaine, à Ayguemorte-les-Graves. Le lieu n’est pas idéal, les 8 comédiens-musiciens y sont à l’étroit. Cela fait partie des détails qui n’en sont pas dans le cadre de présence dans la durée d’artistes sur un territoire comme la CDC Montesquieu, large et rurale : où se loger ?

Donc, dans le salon-dortoir, Olivier et Lucie s’échauffent en musique.
Les questions du matin sont de cet ordre : Comment intégrer la fiction au réel ?
J’accepte le café.
La brigade des marionnettes déambule sur le territoire en même temps que la Compagnie intervient sous différentes formes. La brigade appartient à une histoire précise : l’histoire du Balbizar, ce bal qui aura lieu au mois de Juin. Marionnettes et bal clandestin forment un ensemble que La Cie du Chat perplexe décline habituellement dans un espace-temps resserré. La fiction du Balbizar – avec le concours de la presse locale – s’est déployée dans les villes ou villages où ils ont déjà joué ce spectacle participatif festif. Ici, c’est plus complexe.
Comment faire le lien entre la fiction du Balbizar, les gendarmes, les impromptus, les ateliers, les représentations entre décembre 2017 et juin 2018 ?

La question de la communication : Comment s’adresser aux gens ? Surtout quand il y a tant de choses à raconter ? Où sont les gens ? Comment les toucher ?

Je pense à l’enjeu de ma propre mission d’écriture, et ce souhait des institutions quand je demandais Qui est le destinataire de cette trace écrite ? On me répondait le grand public.
Souhait logique et louable, puisqu’il y a souvent ce déficit : le grand public ne sait pas, et parfois ne mesure pas, toutes ces actions qui ont lieu. Le désir de s’adresser au plus grand nombre quand il s’agit d’expliquer ce que la collectivité met en place me paraît légitime. Mais ce plus grand nombre m’apparaît comme une entité abstraite…

On se demande donc et Comment.
On en arrive aux médias. Quels journaux ? La radio ? La télé ? Mais localement, comment faire ?
Viennent parfois, à ce moment-là des réflexions, les batailles Écrit VS Images, et puis le temps que personne n’a plus, ni pour lire ni pour regarder…
Finalement, la cie du Chat perplexe fait son bonhomme de chemin, d’ateliers en rencontres sur le marché (quand il y a des gens à y rencontrer !), de commerçants en discussions sur un bout de trottoir. Travail de fourmi,  fait de présence physique.

Ce midi, nous déjeunons à la cantine de la Technopole Montesquieu où se trouve les bureaux de la CdC Montesquieu. Il est prévu un impromptu. Nadège, responsable du Pôle Vie locale, nous reçoit comme à chaque fois, s’assure que tout se passe bien.  Pour l’instant, c’est elle qui fait le lien.
Pas grand monde à la cantine, impromptu un peu périlleux. Pourtant, gendarmes et musiciens parviennent à organiser une réclamation de CoTEAC, ambiance réfectoire, les couverts tapés sur les tables en rythme d’un On veut du CoTEAC !
Je regarde avec admiration les petits courages qu’il faut pour se jeter dans l’espace public comme sur une scène, interrompre la vie des gens sur l’air d’une fantaisie imprévue.

La mazurka du jour sera donc dansée au milieu de la cantine…
Avant de repartir pour les ateliers et les aventures dans la communauté de communes, une séance de photos s’organise.
J’en profite pour discuter avec Stella de son spectacle Au pied des pins têtus.

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Épisode 8 : Sophie, pharmacie et poésie.

La bibliothèque de Saint-Médard d’Eyrans nous sert de refuge en ce début d’après-midi.
Sophie Heraud, la bibliothécaire, et coordinatrice des projets culturels de la ville, répond à quelques questions pour les besoins du film réalisé par Morgane. À  la place du mot livre, Sophie utilise – volontiers – à son tour le mot CoTEAC.
« Les gens aiment bien les CoTEAC policiers »
« Les bébés aussi aiment les CoTEAC, plutôt cartonnés parce que les CoTEAC c’est fragile.
Vous voyez  ici, tous les CoTEAC serrés dans les bacs… Il y en a environ 5000 en tout… »

Nous partons ensuite, direction Saint-Selve. Petit tour. Rien n’est ouvert, il est trop tôt.
Saint-Morillon. Là encore, il n’y a pas foule. La pluie et le début d’après-midi. Par là, il y a de la lumière… La pharmacie est ouverte.
Sur le parking, la troupe répète : On fait ça, après tac tac, et puis hop, gna gna gna CoTEAC, ensuite musique… et les gendarmes restent… on danse…

C’est parti. La pharmacienne est vite rejointe par ses collègues qui ne s’étonnent pas qu’un duo de marionnettes géantes viennent à leur propre comptoir leur expliquer comment rester en bonne santé…
Un client, le bras en écharpe, attend patiemment que les gendarmes aient fait leur numéro. Pendant qu’il se fait servir, Olivier entre à son tour et commence la Mazurka à l’accordéon. La pharmacie est calme, nous dansons doucement.
Comme avec Sophie la bibliothécaire, Estelle commence l’interview CoTEAC. La pharmacienne se prend au jeu, C’est très surprenant de voir la facilité avec laquelle certains habitants s’embarquent dans cette histoire. On dirait que les gens n’attendent que le grain de sable dans leur journée, une brèche, un espace libre pour se mettre à jouer !
On dirait qu’on vendrait du CoTEAC : et voilà la pharmacienne qui vend ses flacons de médicament CoTEAC anti-sécheresse culturelle. Elle improvise brillamment au micro d’Estelle et devant la caméra de Morgane, ses collègues s’amusent.
À chaque fois, l’impromptu est suivi d’une présentation-explication du Contrat d’actions artistiques et culturelles, le fameux CoTEAC, pourquoi la présence du Chat perplexe sur la Communauté de Communes, les dates des représentations, leurs interventions en plusieurs périodes, le Balbizar où tous les habitants du territoire seront conviés en juin…

Dans le chemin du Château Villa Bel Air, avec la longue perspective dessinée par l’allée d’immenses platanes, Morgane filme quelques images d’une mazurka abandonnée…

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Retour à la bibliothèque. Marionnettes-gendarmes et accordéon. Olivier adore l’acoustique de la bibliothèque, les livres y sont sûrement pour quelque chose. Tout le monde danse Scottish, puis Mazurka… Ce moment a quelque chose d’une scène de film, un peu Jacques Tati.
Au savoureux questionnaire de Gabriel, la dame avec son bébé sur les genoux dit : « On serait tous un peu poète si on se laissait la place… » 
Lire toutes les questions et y répondre, ici-même.

L’heure approche de la représentation de 18h : Stella est déjà en costume. La salle des fêtes de Saint-Médard d’Eyrans se prépare à accueillir la deuxième représentation du spectacle Au pied des pins têtus.
Les autres installent les verres de vers et les jus d’orange qui seront offerts après le spectacle, aux enfants et aux parents. Les marionnettes feront la dernière intervention du jour. Ça donne une fébrilité dans la salle des fêtes, les gendarmes répètent dans un coin, chacun se chauffe et se réchauffe.
Stella, en ciré jaune, chantonne : On a tous en nous quelque chose de Tennessee…

Les enfants arrivent avec leurs parents. Cette fois encore, c’est complet.
Après la représentation, Estelle invite le public à se rassembler autour de ce verre de vers (et contrairement à ce que disent nos gendarmes-cafetières, la poésie se boit sans modération). Là aussi, les échanges se passent autour du CoTEAC, de la culture et de l’art.

J’imagine, en regardant Stella ranger sa canne à pèche et son décor d’étang… s’il y avait des centaines d’artistes lâchés en liberté sur tout le territoire. Ça ferait des tas de grains de sable, de beauté et de folie.

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Estelle, Lucie, Olivier – Cie Le Chat Perplexe

 

Episode 7 : C’est pas le fond, c’est la forme.

Ce mercredi matin, Gare de Beautiran. J’entends les premières notes de la Mazurka dès la descente du train. Je retrouve la Cie du Chat perplexe, et je pense Enfin des  sourires. Ni tram, ni train n’ont fait du bien à personne ce matin, les visages fermés du quotidien.

Alors, encore plus, l’instant est très poétique, ce quai de gare, la lumière orangée et le brouillard, des voyageurs-silhouettes, l’accordéon et la clarinette, un couple de danseurs.
On dirait une scène de film.
Je me demande ce que les gens pensent.

J’annonce que Johnny Halliday est mort. Olivier s’essaie à quelques notes de Que je t’aime sur son accordéon.  Les gendarmes-marionnettes débarquent soudain du haut de la passerelle. Intervention de la Brigade de Prévention des Risques Artistiques : ils déclinent les interdits, la musique est dangereuse, la poésie aussi.
La troupe continue son jeu, le train n’arrivant pas…
Gabriel a troqué le costume de gendarme pour celui du troubadour : il déclame au porte-voix quelques poèmes. Le jour est un reste de regard… dit-il aux voyageurs dans la brume.
Pendant ce temps, de l’autre côté du quai, Morgane filme et à côté de nous, un homme, d’une quarantaine d’années, s’avance et nous explique qu’il travaille à la SNCF – mais là, non, il n’est pas en service – et Tout ça, c’est interdit ! C’est dangereux de faire de ce que vous faites.
On essaie de détendre les choses, lui signale que les gendarmes sont venus le signifier en effet, qu’il se rappelle d’un jeu…

Le train attendu ne vient pas, en raison d’un malaise cardiaque à la gare précédente. Il fait froid, on entre dans la gare de Beautiran, il y a du monde.
Le monsieur continue : Vous n’avez pas le droit, pas le droit d’interroger la personne au guichet – Gabriel voudrait lui acheter un billet pour aller à CoTEAC -, Je vous explique les règles, Moi j’ai plutôt apprécié mais là ça dure ça dure c’est pas possible de faire ça.
Il répète Si ma chef était là… Il se met en colère quand on essaie de lui demander Pourquoi il trouve ça dangereux ? Pourquoi interdire la musique ? Quelle différence entre ces voyageurs lassés d’attendre qui écoutent la musique dans leurs oreillettes et cette musique jouée en vrai ?
Il répond : C’est pas le fond, c’est la forme…

Le monsieur de la SNCF qui ne travaillait pas ce jour-là se faisait plus menaçant qu’une marionnette-gendarme, faisait se rejoindre la fiction et la réalité, faisait preuve de zèle et du sentiment d’importance. Une drôle d’impression de machine froide.
La Cie du Chat perplexe n’étant pas là pour semer la discorde, elle a choisi de stopper l’impromptu et a laissé filer l’employé modèle, les voyageurs, et le train qui arrivait enfin. Gabriel est revenu acheter au guichet un billet pour CoTEAC, que le caissier lui a vendu « pour de faux », en se marrant.

 

Passons à la suite du programme : impromptus chez les commerçants.
On entrera où la liste des courses nous mènera : des écrous, une pince, des piles, du beurre, du miel et du fromage.
Au magasin de bricolage, au rayon Protection, Olivier joue de l’accordéon, les employés font comme si de rien n’était et continuent la mise en place. Le responsable arrive : il faut partir !
Au supermarché, aucun souci, on peut danser au milieu des fruits et légumes. Une dame écoute pensivement la musique d’Olivier. On danse une mazurka devant les côtelettes et la charcuterie. Une autre dame dit Que c’est bien cette musique parce que c’est tellement ennuyeux de faire des commissions…
Désormais, les marionnettes entrent en scène en premier. C’est le constat fait par la troupe, que cette arrivée déjantée de la BPRA place d’emblée dans le jeu, dans le théâtre. Et les musiciens sont ainsi mieux accueillis, sans méfiance.

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Retour à la salle des fêtes de Saint-Médard d’Eyrans. Stella s’apprête à jouer la deuxième représentation de son spectacle jeune public Au pied des pins têtus. Elle le jouera trois fois aujourd’hui : à 9h devant 2 classes de maternelle, et la crèche de Martillac. À 11h, 2 autres classes de maternelle et le MultiAccueil de Saint-Médard. Ce soir à 18h, ce sera ouvert au public : enfants et parents. Tout est complet.
La place est gratuite, cela fait partie de la mission des artistes sur ce projet : jouer leurs spectacles.

10h46. De l’intérieur de la salle, on entend les enfants impatients.
Stella a mis son costume, la salle est presque dans le noir. L’excitation monte dans le hall. Stella les accueille elle-même, fait le silence. Il faut organiser l’entrée des petits spectateurs, enlever leurs manteaux, les ranger, placer les enfants. Avec Emma, elle les font entrer et assoir, 10 par 10, c’est presque une chorégraphie.
Pendant le spectacle, les Oh ! les Ah !, les rires, les commentaires, celui qui imite, ceux qui dodelinent de la tête en musique, les Whaow devant le ballet des formes aimantées que Stella actionne un peu magicienne, certains ont envie de danser… et en partant, font un petit câlin à l’artiste.

Stella est heureuse, du spectacle, de ce qui a eu lieu avec les enfants.

Nous partons déjeuner à la cantine de l’école. On est accompagné de Sophie, la bibliothécaire, et qui s’occupe de faire le lien pour les projets culturels  qui se déroulent à Saint-Médard. On passe une partie de l’après-midi avec elle.

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Episode 6 : la troupe se grise

La traversée de Saint-Médard d’Eyrans reste un peu triste en ce début d’après-midi, la faute aux ciels gris et aux places vides. Heureusement, vers 16h, la sortie de l’école maternelle – et ciel bleu – favorisera le retour à la fantaisie.

La cie du Chat perplexe ne semble pas du tout atteinte par un quelconque pessimisme, au contraire : ils déploient une énergie – même entre eux, même hors des spectateurs – qui doit leur faire comme un liant, fait d’adrénalines et d’enthousiasmes.
Comme si l’espace de répétition était ces rues désertes, ou l’intérieur de l’estafette, un chemin au bord d’une forêt… Entre chaque intervention publique, quelque chose se tisse, se compose. Dans le camion, ça improvise, ça discute, ça propose.
Pour l’instant, la rencontre avec les habitants se fait au compte goutte. J’ai observé de beaux sourires, celui de la vieille dame au chignon serré et ses cartes en main quand Stella chantait. Comment identifier dans les cahiers des charges des contrats d’éducation artistique et culturelle ces émotions subtiles, presque inaperçues ?

J’ai la chance d’en être témoin. Il faudra me croire sur parole. J’ai vu des situations inattendues. Et je savoure le grain de folie qui les prend entre les décisions et les actions, quand la liberté attrape toute une compagnie de théâtre, je vous assure, c’est réjouissant.

Avant d’aller à l’école, – c’est bientôt l’heure du goûter -, arrêt au skate-park, juste à côté de l’ancienne gare.  L’objectif : filmer quelques scènes qui intégreront le film réalisé par Morgane. Vidéaste, elle réalise toutes les captations de la Cie et travaille à des courts-métrages pour leur prochain spectacle.
Assis sur le module de skate, Gabriel joue de la guitare. Emma et Lucie s’habillent : chapeaux et queues de pie. Morgane filme la scène de danse en haut de la rampe, les musiciens en bas jouent la mazurka. Descende collective façon toboggan.

Devant l’école, les tout-petits sortent, avec leur mini-valises à roulettes qui leur donnent des airs sérieux de voyageurs pressés de rentrer chez eux. Quelques-uns s’arrêtent les yeux écarquillés, devant Stella, grimpée sur un tabouret, yukulélé en main, elle chante son air si joli extrait de Au pied des pins têtus, le spectacle qu’elle joue demain à la Salle des fêtes de Saint-Médard d’Eyrans. Pendant ce temps, les autres distribuent accrochés à des cannes à pêche un p’tit vers, rouleau de papier sur lequel est imprimé un morceau de poésie.
Les parents s’arrêtent, les discussions autour du CoTEAC, du spectacle de demain, il y a plusieurs horaires – tout est complet – , Olivier fait de la pluie sur le parapluie sous lequel Stella s’abrite, elle joue déjà son personnage du spectacle, avec son ciré jaune…

Le soir, je me dis : la troupe du Chat perplexe s’adapte à toutes les situations.
Pourtant, je suis loin d’avoir tout vu…

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