épisode 27 : Oh du bon temps !

Nous voilà partis pour la bibliothèque de Saint-Médard d’Eyrans.
Sophie, la bibliothécaire rencontrée dans les premiers épisodes, nous accueille. Elle sait qu’il se passe toujours des choses quand débarque le Chat perplexe. La Brigade Anti-Temps Morts investit la petite salle de lecture.  :

3 minutes à ne rien faire, 3 minutes de bon temps…

Toute la troupe est réunie. Je découvre avec les quelques adultes et enfants présents le nouveau jeu inventée par la troupe (ils ont répété et préparé ça hier soir).
L’élément principal de la scène : une chaise longue. Celle ou celui qui s’y assoit, tire au hasard une carte : une invitation au voyage.
La première personne a pioché Un café à Napoli (Naples). En quelques mouvements et accessoires, un décor est planté. D’une mini-enceinte sort l’ambiance sonore d’une rue italienne. Jean s’occupe de mettre à bouillir l’eau, sur un minuscule réchaud fabriqué. L’odeur se répand dans la bibliothèque, Jean s’adresse en italien au bienheureux de la chaise-longue, lui sert son café, attrape sa guitare, et se met à jouer un air d’Italie. Les yeux fermés, on y est…

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Le voyage suivant invite à Une sieste en forêt. Cette fois-ci, la scie musicale accompagne une bande sonore de chants d’oiseaux, la poésie est récitée au creux de l’oreille.
Autre atmosphère : Un cocktail à Hawaï. Un collier de fleurs jaunes autour du cou, le petit garçon attend dans la chaise longue son cocktail. Jean officie en barman, glaçage au sucre sur le bord du verre, jus d’orange et grenadine, paille et parapluie en déco. Pendant ce temps, Stella chante avec son ukulélé. Une image se compose à chaque fois sous nos yeux, une scène de film.

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La dernière séance se déroule au coeur du Far-West. Toute la troupe s’y met : hurlements de coyotes, bruits des sabots et hennissement des chevaux, indiens en embuscade, dialogues avec l’accent américain. Nicolas joue à la guitare un blues de poor lonesome cowboy. Pendant ce temps, le voyageur dans sa chaise longue mange des cacahuètes.
Ces interventions de 3 minutes fonctionnent à merveille. Dans une grande simplicité et très ingénieusement, le voyage proposé s’invente sous nos yeux et dans nos oreilles, le temps passe…

16h30. Nous arrivons à la bibliothèque de Cadaujac pour une surprise prévue par les profs d’un club de théâtre pour leurs élèves. Les adolescents ne sont pas au courant.
La bibliothèque, récente, est vaste. L’arrivée des marionnettes géantes de la BATM signale le début de la surprise. Fred (le régisseur) s’est mêlé aux jeunes du Club Théâtre, assis à la même grande table qu’eux il feuillette un livre. Le voilà choisi comme volontaire pour une scène totalement absurde, où la Brigade des marionnettes lui fait faire tout et n’importe quoi en même temps, dans l’objectif d’être efficace et de gagner du temps. Il trie des haricots, lit utile, taille un crayon, et gonfle – le pied sur un gonfleur – un orque en plastique ! Ensuite, Estelle expose quelques éléments d’information sur le temps : le nombre d’heures que l’on perd à faire certaines choses, le temps à dormir, le temps autrefois, et celui aujourd’hui.
La folie douce gagne la bibliothèque de Cadaujac.

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L’installation de la chaise longue marque le début d’une série de 3 minutes de bons moments. Les jeunes s’assoient par terre, le mini-spectacle participatif commence…
Le premier pioche La sieste dans l’Ouest. Ainsi de suite, jusqu’au café à Naples qu’un papa prend le temps de vivre et de boire, alors que son fils adolescent l’attend dehors. Il  finit par nous rejoindre et découvre alors son père, qui était soit disant pressé, tranquillement en train de déguster un café italien au son de la guitare. Le Cocktail à Hawaï fait des jaloux, tout le monde en veut.

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L’après-midi se termine ainsi : dans une bibliothèque à Cadaujac, à côté d’un paisible orque en plastique, en train d’écouter le ukulélé ou le cri des coyotes…
Le chat perplexe a bien du ressort et de l’imagination.

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Les 3 minutes de bon temps se dérouleront dans plusieurs lieux de la communauté de communes pendant toute la fin de la semaine… Morgane, la vidéaste et illustratrice associée à la troupe du Chat perplexe prend le temps elle aussi de croquer certaines de ces situations. Les dessins sont d’elle.

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épisode 26 : Satie et ça sourit

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Estelle joue ce matin à 10h son spectacle Ça c’est SATIE, dans la salle l’Espace culturel Georges Brassens de Léognan, devant deux classes de maternelle. Elle est accompagnée par les deux régisseurs, Emma et Fred. Hier, ils ont installé le décor pour faire les réglages, en ont démonté une grande partie en fin d’après-midi parce que c’est aussi une salle de cinéma… Ce matin, réinstallation.
Les artistes et techniciens du Chat perplexe s’adaptent aux lieux, aux contraintes, aux horaires. La moyenne et la grande section de l’école Jean-Jaurès de Léognan arrivent et s’installent.

Le spectacle, du théâtre musical et cinématographique pour les enfants de 4 à 9 ans (et leurs parents), est délicieux. Le personnage en scène, Philomène, s’inspire du compositeur Érik Satie. Les scènes s’appuient sur ses lubies et ses fantaisies, dont je découvre l’étendue. Chaque objet du décor participe à l’histoire. Une porte au milieu de la scène coulisse et se déplace, le tourne-disque parle, les pensées s’écoutent… Philomène nous montre la vie curieuse de cette drôle de maison, et parfois nous emmène en promenade. Je suis assise au milieu des enfants. Ils sont absorbés. L’un d’eux explique aux autres à voix haute les effets visuels :

C’est de la magie…

Morgane a réalisé des films qui sont projetés en fond de scène, pour des inventions très simples et poétiques. Un petit bateau en papier tourne sur la platine, les nuages se déplacent derrière, les jeux d’ombres et de vidéos fabriquent un voyage. On entend quelques notes de musique seulement à la fin.
Et les tout-petits spectateurs à la fin du spectacle en réclament : Encore !
Estelle vient en bord de scène leur expliquer en quelques mots que le spectacle s’inspire de la vie réelle d’un musicien génial et un peu fou.
Elle sort de scène heureuse d’avoir joué ce spectacle, qu’elle aime particulièrement, et heureuse de la réaction du jeune public : La difficulté quand on joue pour les enfants c’est de faire avec leur désir de commenter, spontané. Il y avait une grande et belle attention ce matin-là.

 

Il est bientôt 13h, autre ambiance, la troupe se retrouve à la cantine de la Technopole de Montesquieu où se trouvent les bureaux de la CdC.
Pendant le spectacle, le reste de la troupe est allé à la rencontre des commerçants de Léognan. À table, Jean nous raconte. Notamment un moment charmant, fragile, entre un jeune agent immobilier et Stella qui lui chante : You belongs to me… Ce temps suspendu vient après qu’il ait répondu à la question : Qu’est-ce que vous trouvez beau ? Il a répondu : le stade et ma copine.
Avec la pharmacienne, aussi, un bel échange. Elle trouve « qu’elle existe davantage quand elle va au spectacle ». Elle a accepté de tenir le sablier, sans trop savoir pourquoi, et n’avait pas vu que Jean s’installait avec la scie. Au moment où elle tourne le sablier pour commencer la mesure d’un temps suspendu, le son pur de la scie musicale l’attrape…
Le fromager, et président des commerçants, a d’abord été surpris par cette troupe qui débarque dans son magasin, et puis, de discussion en musique, il a pris le temps – qu’il n’avait pas, disait-il – à son tour…
On sent toute la troupe enthousiaste de cette matinée, du spectacle aux échanges avec les commerçants, un plaisir nourri de partages réussis. Ils ont l’air heureux.

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Profitant d’un moment sans pluie, une séance photo s’organise, ceux de la cie qui n’ont pas encore leur portrait et les nouvelles marionnettes de la BATM, le Bureau Anti-Temps morts. Une répétition s’organise avant leur intervention dans les étages de la CdC.

Voilà les marionnettes devant le bureau Service vie locale :

– Chef ! Chef ! J’ai vu le temps passer !
– Rattrapez-le !

Stella lance le métronome, accessoire qui délimite l’intervention artistique.
Au travers d’un long tube qui arrive tout droit dans l’oreille de l’employée, volontaire pour occuper ce temps poétique, Camille lit des poèmes de Pessoa tout doucement. Tac tac tac tac, le métronome ryhtme, la poésie passe d’une bouche à une oreille, les sourires au passage sur le visage.
La BATM intervient dans le bureau des Ressources humaines. Puis, le duo de musiciens s’installe dans le bureau exigu : Jean à la scie musicale et Nico à la guitare. Camille vient danser autour d’eux. Cela fabrique une douceur, dont le personnel présent ne sait pas vraiment quoi faire, ni comment réagir. Et l’argument Je n’ai pas le temps ne tient pas en face de la Brigade et des musiciens du temps perdu…
La dernière intervention se déroule au Service Systèmes d’information et télécommunications. On sent une grande agitation : ils sont en pleine tension, à cause d’une panne du réseau, le temps est à l’urgence.
La cie du Chat perplexe conclue par  : « Être confronté à des situations absurdes, ça ne nous fait pas peur ! »

Les voilà repartis pour de nouvelles aventures : ils ont rendez-vous dans des bibliothèques pour des impromptus nouveaux que je n’ai encore jamais vus.

 

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épisode 25 : sur le chemin des écoliers

La troisième semaine de résidence du Chat perplexe sur la Communauté de communes de Montesquieu commence à Beautiran, le 27 mars à 9h30, dans une classe de CE1-CE2. La brigade de prévention des risques artistiques fait son grand retour. En même temps, la bande du Chat perplexe s’est étoffée de Jean, un musicien guitariste, de Nico un autre musicien, et de Camille, danseuse. Pendant que les marionnettes font leur numéro dans une classe, Jean se trompe et sonne dans la classe d’à côté. La maitresse ouvre et dit en souriant :
« C’est l’autre, à gauche. Mais on aimerait bien que ça soit nous… »
Jean entre dans la classe de Mme Brossard, devant les enfants, les yeux ronds, et leurs rires déjà, après les marionnettes, voilà encore des inconnus qui débarquent.
– Ils sont partis ?
– Oui !
– Il s’en passe des choses dans cette classe !
– C’est vrai,
dit une petite fille, on ne s’attendait pas à ça ce matin…

Pendant que  Jean reste avec la classe, j’accompagne Stella, Camille et Morgane pour une opération Urgence Temps morts : direction les salles d’attente des communes environnantes.
Pour les artistes, dans ce type d’interventions auprès des habitants, la voiture devient une salle de répétition et une loge pour enfiler son costume. Nous sommes sur un parking, dans le centre de La Brède. Depuis ce matin, ciel gris et pluviotte. Je leur dis « vous allez fini par croire qu’il fait toujours moche ici », car il faut bien avouer, chaque semaine de résidence a commencé sous la pluie…
Le principe de l’opération Urgence Temps morts, c’est de trouver des gens qui attendent pour leur offrir un temps bien plus heureux, de musique ou de danse ou de poésie. Mais il va se passer quelque chose d’imprévu : il n’y a personne dans aucune salle d’attente. Nous faisons une sorte d’expérience du vide.

On réfléchit – la voiture est aussi une salle de réactions -. L’organisation des rendez-vous a changé. Par exemple, à la mairie de La Brède, la dame à l’accueil dit au Monsieur qui vient pour un RDV : Allez sur Internet et prenez RDV sur le créneau qui vous convient.
De salle d’attente de dentiste, en vétérinaire, en ostéopathe, même en salon de coiffure, même à la Poste, le mardi matin personne n’attend à La Brède. Tentative – audacieuse – à la Banque, où deux ou trois personnes patientent. Stella joue un air au Ukululé et Camille danse, improvisant devant le guichet automatique. Le directeur intervient : On ne peut pas faire ça ici. On s’en doutait…
Sur le retour, l’ambiance est un peu plombée, être bredouille à ce point, et puis toute cette pluie…

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Plus tard nous voilà tous en camion, et le Chat perplexe n’a pas dit son dernier mot. Jean, Nicolas, et toutes les filles se mettent à chanter Le lundi au soleil
En route pour Beautiran, dans une autre classe, CE1-CE2, tous les enfants dans la cour accompagnent les marionnettes jusqu’à la classe de Nelly. Je vais assister à cet atelier.

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Pétard et Fanfrais font leur numéro devant les sourires heureux des enfants. Quand Jean arrive à son tour, une fois les marionnettes partis, il s’adresse aux enfants : Bonjour les amis.
Les enfants ont repéré la guitare, et en référence aux dialogues de la brigade qui les prévient de se méfier des musiciens :
– Ils ont dit de t’envoyer valser !

Mais personne dans la classe n’a envie de faire partir Jean le musicien… Il leur explique que cet après-midi va être l’occasion d’inventer une chanson. Qu’ils chanteront, s’ils sont d’accord, lors du futur spectacle participatif, joué le 28 juin par l’ensemble de la cie Le chat perplexe à Castres (ici en Gironde) : Le Balbizar.
Les enfants commentent et installent la salle de classe pour faire ensemble les textes et la musique. Ils parlent avec Jean de ce que les gendarmes-marionnettes ont dit. – Vous avez envie d’obéir à ces règles idiotes ? – Non !!!
– On obéit aux règles que donne la maîtresse parce que ce sont des règles pour apprendre à grandir, mais les règles qui disent qu’il ne faut pas faire de musique, non.

Les enfants forment un cercle, chacun dit son prénom, puis moi, puis Lisa (coordinatrice sur ce projet au sein de la communauté de communes et qui assiste à l’atelier). Une petite fille dit en me regardant : Ma maman aussi elle s’appelle Sophie.
Jean commence par un peu de relaxation : tout le monde est attentif.
Être bien sur ses deux pieds, les épaules à relâcher, le réveil du corps, la tête penchée… On soupire. On s’étire en baillant.  Avoir le corps détendu pour chanter…
Tout le monde fait des petits bourdonnements en se massant le visage. Bouche fermée, le son de la sirène qui monte. Puis avec un la, un lo, un li, loup, ri, ru, rou, bbbbb, bonbonbon… Toute une série de petits gestes pour se préparer sérieusement au chant.
Ensuite, il les entraîne à faire un son unique, chante un mi, ajoute des notes, les enfants reprennent, répètent. Jean prend la guitare et joue un peu. Ça fait du bien, dit une petite voix. Je sens qu’ils sont un peu impressionnés.
Tout le monde est assis. Jean explique la Cie du Chat perplexe, les spectacles qu’ils vont jouer cette semaine, et que les enfants verront,

le plaisir de danser et de chanter, et tout ça, c’est comme ouvrir des fenêtres.

Jean va écrire les phrases et les mots que les enfants proposent. C’est l’étape « Remuer son imaginaire ».
Il encourage : « Oui cette phrase, on pourrait l’entendre dans une poésie ». Un enfant propose Tourne, tourne petite étoile. Il le redit en italien. Leur explique qu’il est né en Italie, alors que dans sa tête il traduit tout. Un enfant dit Belle lune, ça lui rappelle une chanson, il reprend la guitare, et leur joue un petit morceau.
Le tableau se remplit de mots. Un enfant propose La luance de mon enfance. Personne ne connaît ce mot, il est noté avec les autres.
Pendant le petit temps de récréation, Jean reste dans la classe. Il cherche une mélodie, la guitare se mélange au bruit des enfants dans la cour. C’est très doux d’être là, assise dans une classe de CE1-CE2, comme dans une bulle, à l’écart de la vie normale.

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À partir de toutes ces phrases et mots du tableau, un premier couplet est construit :
La pluie s’envole l’oiseau
Chante mon ami mon cœur
Dans le paradis cruel
La musique est ton chemin

Au retour, une petite fille propose un air qui aidera à construire la mélodie. Les premières tentatives de chanson se font, on ajuste, on reprend. Les enfants sont dans une très grande application. Nelly, la maîtresse, participe avec eux.
Quand ils chantent tous ensemble sérieusement pour la première fois, accompagnés avec la guitare de Jean, l’unisson est très beau, et l’émotion palpable.

Tourne tourne petite étoile
Il pleut dans les nuages
Le reflet du sable rond
Danse et chante avec nous

Nicolas est présent, il enregistre la mélodie, pour garder en mémoire. Ils pourront ainsi s’entraîner avec la maîtresse. Fin juin, il y aura une grande répétition… et « On sera fin prêt pour le spectacle ! »
À la sortie de l’école, cet après-midi là, Jean a échangé sa guitare contre la scie musicale. Il en joue quelques instants pendant que les enfants sortent accompagnés des parents. Camille danse à côté de lui, selon les mouvements de l’archet.

La petite voix tout à l’heure avait raison : Ça fait du bien…

 

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épisode 24 : jour de signature

Les déjeuners de la semaine se passent à la cantine scolaire de Saucats. Et une fois encore, tout le personnel accueille avec plaisir la troupe d’artistes. Nous voilà reçus comme des stars. Il est décidé de les remercier par un impromptu complet : passage de la BBEM, jeu de la mollesse, chanson a capella par Stella, échanges sur les petites solutions  (par exemple, ouvrir les frigos pour que les ours polaires aient toujours froid).

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La journée du 26 sera une longue journée… Ce soir, à La Ruche, se signe officiellement le futur contrat territorial d’éducation artistique et culturelle, ce CoTEAC dont on parle depuis le début de l’affaire.
Les marionnettes du Chat perplexe interviennent à la tribune avant les discours officiels. Il faut donc aller répéter. Suivra, à 21h, la représentation Tout public du spectacle Les raisons de la colère, avec Lucie et Vlad et les deux régisseurs Emma et Fred (qui pour l’instant rentrent tous au gîte pour reprendre des forces).

Après-midi. La Ruche. Saucats.
Dans la salle de spectacle, organisation et répétitions donnent une agitation mélangée. L’équipe de la communication de la communauté de communes s’assure que tout fonctionne, notamment le diaporama qui présentent les deux collectifs artistiques. Juliette, l’administratrice du Bruit du Frigo, et Estelle, du Chat perplexe, prendront chacune la parole pour raconter leur travail respectif, en cours ou à venir, sur le territoire.
15h48 : Estelle s’entraîne pour son intervention, elle murmure au pupitre et fait des gestes.
Les marionnettes font et refont leur arrivée, disent et redisent le texte, ajustent certains détails. La brigade est devenue, par la magie des costumes et des acteurs, un Ministre des cordons de la bourse et son assistant, joués par Stella et Gabriel.
Les répétitions s’enchaînent ainsi, jusqu’au moment où la salle se remplit, élus des communes, du département, madame la députée, madame la sénatrice, les partenaires l’iddac et la Drac, les invités, des habitants…

Chacun dira quelques mots à la tribune, après le passage malicieux du Ministre-marionnette et de son assistant. Différents films sont montrés : un exemple de CoTÉAC sur les Communautés de Communes du Réolais en Sud Gironde et du Vallon de l’Artolie Au fil de l’eau et le Mystère du CoTEAC, réalisé par le Chat perplexe pendant la semaine de résidence de décembre 2017.
L’atmosphère est très joyeuse : il s’agit de célébrer un engagement de la collectivité et de ses partenaires institutionnels à accompagner l’accès à la culture des habitants de la communauté de communes de Montesquieu.

Quelques phrases extraites des discours :

Nous y voici enfin. Nouveau départ après le festival Créa-Mômes. Nous embarquer dans une nouvelle aventure.
L’art mène à la citoyenneté.
Ce projet, avec beaucoup d’aventures, il faut le piloter.
Unir nos efforts pour favoriser l’art et la culture.
Allons dans la culture.
Le ministère de la culture a affirmé le budget pour l’éducation artistique et culturelle : se donner les moyens du combat contre l’inégalité dans l’accès à la culture.
La satisfaction de cette signature.

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Ce 26 janvier 2018, signature du Contrat Territorial d’Éducation Artistique et Culturelle (COTEAC) entre la Communauté de communes de Montesquieu en partenariat avec la DRAC Nouvelle-Aquitaine, l’Éducation Nationale, le Département de la Gironde, et l’appui technique et financier de l’Iddac Gironde.
En présence de la sénatrice Laurence Harribey et de la députée Sophie Mette, de Nathalie Burtin-Dauzan, Vice-Présidente de la commission vie locale de la CCM ; de Bernard Fath, Conseiller départemental de la Gironde ; de Christophe Meot, Représentant de la Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale de Gironde ; d’Arnaud Littardi, Direction Régionale des Affaires Culturelles de Nouvelle Aquitaine ; de Philippe Sanchez Direction de l’iddac, agence culturelle de la Gironde.

À 21h, la salle de spectacle était comble et effervescente pour la représentation des Raisons de la colère. Parmi le public, des enfants avaient participé aux ateliers Réveilleuse et ils ont chanté avec les acteurs le morceau entraînant On va terrasser les géants… Le conte un peu rock&roll mené par Lucie et Vlad est très beau, drôle, philosophique et poétique, parfois endiablé, parfois dingue, émouvant.
Cette deuxième semaine se termine par de chaleureux applaudissements. Ils viennent nourrir les fatigues et redonner l’énergie aux artistes…
Le désir et la curiosité font leur chemin, pas à pas, chez toutes ces personnes – petites et grandes – rencontrées autour de la création artistique, d’une conversation originale, d’un morceau de musique au milieu d’une cantine…

 

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épisode 23 : chat perplexe pensif puis heureux

Précédemment, sur la Communauté de communes de Montesquieu, en Gironde : Rappelez-vous… Fin janvier 2018, la Cie Le Chat perplexe aborde la fin de sa deuxième semaine de résidence « Éducation artistique et culturelle », passant d’une commune à l’autre, d’une école à l’autre, d’un marché à une salle d’attente, avec ses marionnettes, sa poésie, ses musiciens, son sens de l’impromptu, ses ateliers et ses spectacles. 

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Je les retrouve le vendredi matin. Comme souvent, la troupe se partage en deux. À 10h, à La Ruche, salle de spectacle de Saucats, Lucie et Vlad et Fred (le régisseur) joueront une première représentation de leur spectacle Les raisons de la colère, en séance scolaire.

 

 

 

Les autres, dont je suis, partent sur la route des impromptus : Saucats, et son marché… La journée s’annonce un peu difficile : des averses, trois camions, un stand de brandade de morue, pas âme qui vive.
Finalement, le ciel va s’éclaircir un peu.
Au camion Charcuterie, arrivent les clients fidèles, et quelques Salut Lulu, Ça va Michel plus tard, nous voici en pleine discussion-dégustation-saucisson, dans un esprit philosophique digne de Montesquieu (nous sommes à proximité de ses terres) (et j’avoue que parfois me désole un peu de voir l’ami Montesquieu, devenu le nom rassembleur de la communauté des communes, devenir du même coup le propriétaire – façon de parler – du club de foot ou du gymnase…)
Donc le thème : le partage des pensées…

Il faut libérer les pensées partout.

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Estelle échange avec le boucher-charcutier, elle tient un livre à la main, Matière à pensée, et lui propose de l’installer au milieu de la salade de crustacés et du boudin antillais. Voilà la philosophie en vitrine, rayon frais.
La troupe de théâtre se questionne aussi sur l’image donnée, sur l’importance de ce qu’ils disent aux habitants, et d’y réfléchir :

On ne peut pas laisser penser que nous sommes juste des saltimbanques rigolos… Tout ce qu’on fait représente du travail.

Toujours dans l’idée de réalisation de films illustrant Les petites résolutions, une scène se tourne avec deux dames sympathiques qui arrivent au marché. Finalement, une seule accepte, l’autre décidant soudain qu’elle n’a pas envie. Elle laisse en plan sa copine de commissions, qui rit de la réaction intempestive de sa camarade.

C’est parti ! Action !

 

Ils jouent la scène des chips, illustrant un réseau de gens qui ramassent des chips posés par terre. Suivant ces petits chemins de chips – façon Petit Poucet -, ils se rejoignent en une connexion réelle (et non virtuelle).
Morgane profite du soleil et du temps qu’ils ont pour des tournages successifs de plans manquants. Cela donne d’étranges scènes à voir, comme un lancer de boîte de sardines dans une flaque d’eau. Je vous accorde, si on ne voit pas le film, c’est difficile de comprendre le pourquoi du comment…
Filmer sert aussi à rentrer en contact avec les gens. Le Chat perplexe appelle ça La communication créative. Estelle explique :

Là, par exemple, on a ri avec cette dame pour notre scène des chips, et ensuite on discute au sujet du théâtre, du spectacle. L’intérêt de la mise en scène qu’on organise et de la présence d’un tournage, c’est que ça attire les gens… Nous avons aussi une trace de ce qu’on fait ensemble avec les habitants, cette trace se propage un peu, nos actions intimistes peuvent être vues.

 

Parmi les petites solutions, d’autres situations sont filmées : « Des frontières mobiles, pour pouvoir les bouger » avec Gabriel en cascadeur.

Une autre séquence est née des repérages de la veille. Tout le monde se rejoint à l’aérodrome de Léognan. Vlad et Lucie arrivent joyeux mais à plat de leur représentation devant quatre classes, soit 120 enfants de Saucats et La Brède – qui ont toutes eu droit à un Atelier Réveilleuse dans la semaine. Tous les enfants se souvenaient de la chanson. L’ambiance était survoltée, le jeune public debout, à fond. Yeah !
Il est midi sur le tarmac. C’est très bon d’être là. L’instant a quelque chose d’un peu magique, avec ce paysage de forêt et cette lumière vive d’après la pluie. Toute la troupe semble recharger une batterie. Les discussions s’engagent avec un pilote d’avion, il explique – et on dirait qu’il parle de théâtre – : « Piloter permet de se déconnecter et se concentrer. On vole et après on est calmé, avec un passager heureux… »

Il est donc décidé de pousser un avion, et de filmer ici une scène qu’on appellerait L’envol du CoTÉAC. Puisque ce même soir aura lieu la signature officielle du contrat…

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épisode 22 : tous les tours ont une fin

Même le #Tourbuslandscaping !
Rappelons…
Avant cette soirée collective entre adolescents et adultes (ce qui n’est pas simple, avouons), avant les premières rencontres et les ateliers entre l’équipe du Bruit du Frigo et des adolescents de la Communauté de communes de Montesquieu (ce territoire, ainsi que nous, adultes, appelons cet espace d’intervention de 13 communes) (nous aurions pu l’appeler une zone, un lieu, une localité, un site, une sphère d’actions…) (nous distinguons, ainsi, par ce mot, le territoire de la métropole – me semble-t-il avoir compris – ; il y aurait aujourd’hui pour reprendre le titre célèbre « la métropole et le territoire » comme il y eut, reprenons un autre titre fameux mais plus ancien, celui des villes et celui des champs. Et donc ce mot « territoire » pour les adolescents évoque bien autre chose, puisqu’à chaque fois qu’ils l’entendaient dire, ils se marraient. Disant ainsi qu’eux, ne se représentent pas en territoire.)

Donc avant la soirée, avant les ateliers, avant les réunions avec les responsables des services Jeunesse, avant de proposer un projet, il y avait cette demande posée par la Communauté de communes au sujet des adolescents, leurs déplacements et le paysage dans leur quotidien. En tout cas, c’est ainsi que le Bruit du Frigo s’est approprié la thématique.
L’équipe du Bruit du Frigo a élaboré un principe de rencontres (les ateliers et les mises en scènes photographiques), afin à la fois de récolter des informations (des données) et surtout ensuite de susciter l’imagination des adolescents. L’enjeu était d’observer comment on peut organiser une rencontre entre de jeunes habitants, leur propre territoire, et un collectif d’urbanistes artistes.
Il y avait des écueils. Notamment, et je cite Le Bruit du frigo, parce que le public concerné par cette action #Tourbuslandscaping est considéré à raison comme :

« volatile, en pleine émancipation du monde adulte, évoluant en tribu et qui pour être heureuse vit cachée. »

La tentative pour rentrer en contact avec les lycéens (via le transport scolaire) n’a pas porté les fruits espérés, malgré les bonnes réactions joyeuses et joueuses pendant les quiz : ils ne sont pas venus ensuite aux ateliers. Ces quatre temps de rencontre ont cependant permis de récolter des données sur les pratiques et la play-list des futurs blind-tests.
Cela a permis de ré-orienter le #Tourbuslandscaping et dès lors de s’adresser plutôt à la tranche d’âge qui fréquente les Services jeunesse des communes, collégiens et quelques élèves de seconde.

Le travail effectué pendant les ateliers d’urbanisme utopique et les ateliers mobiles – les adolescents étaient accompagnés de leurs animateurs/responsables Service Jeunesse – a servi à composer l’exposition présentée le soir de la fête : des tableaux thématiques – photomontages à partir des séances photo – déclinent les envies des adolescents dans l’usage qu’ils feraient de ce territoire s’il était celui de leurs jeux.

Quand ils arrivent, les adolescents découvrent l’exposition.

Ça déchire !

Ou encore un :

Ça m’a choqué !
(qui signifie que c’est tellement étonnant et réussi que ça fait un choc.)

L’animation principale de la soirée, c’est une série de blind-tests pris en charge par le duo, François au micro (et son talentueux et drôle sens de la formule improvisée) et Nicolas aux sons (qui fait un complice parfait). Les adolescents font preuve d’un grand sens du jeu, une fois encore, dépassant illico le ridicule des lots « pourris » gagnés en cas de bonne réponse et la présence des spectateurs adultes. Rappelons que le bar ne servait ce soir-là, certes à volonté, que des citronnades et des orangeades…
Plus tard, le bal sera ouvert par une danse transgénérationnelle sur un endiablé Partenaire particulier

P1220950P1220945Sous le dôme, la soirée du #Tourbus landscaping se termine joyeusement, dans une battle de danse garçons VS filles.

À voir l’ambiance finale, faite de complicités adultes et adolescents, adolescents d’une commune et adolescents d’une autre, la rencontre entre le monde (et la façon de regarder) du Bruit du Frigo (sans oublier François et Nicolas du collectif Genre, et Harry Cature) et celui de la trentaine d’adolescents présents a bien eu lieu.

 

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épisode 21 : ateliers mobiles

#tourbuslandcaping
ATELIER MOBILE n°1 du 16 avril
Le Bruit du frigo retrouve toute la bande d’adolescents (filles et garçons) de l’atelier Urbanisme utopique, avec les deux animateurs Jérôme (Ayguemorte) et Christophe (Beautiran).
La première séance de photo va se dérouler au bord du lac. L’équipe dispose le pique-nique, les ados propose la bande-son. Présentation à nouveau du projet #tourbuslandscaping, le mot « territoire » les fait toujours autant rire. Annabelle explique le programme de ces ateliers : mettre en image les thèmes choisis lors du précédent atelier (les activités que les jeunes aimeraient faire sur la communauté de communes). On appelle cela des mises en scène photographiques. Le grand tissu vert va permettre de prendre les photos avec un fond vert, comme pour fabriquer les effets spéciaux. Il y a 3 thèmes à réaliser aujourd’hui. Demain, un autre groupe se prêtera au jeu pour trois autres sujets.
Chacun a pioché un « rôle ». Pose Bronzette : Amandine s’installe, les 3 garçons aussi. Puis c’est Julien en surfeur,  Sarah a enfilé sa combi de body-boardeuse. Ambiance Bienvenue à Hawaï avec Jérémy et sa tortue qu’il ne quittera plus… Le nageur se met en position, les autres se marrent autour :
Tu fais pas le dauphin, tu fais la baleine !
Oh, regarde, là-bas, des ragondins !

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Ils sont prêts pour le tableau suivant : Se détendre.
Direction Isle Saint-Georges, un délicieux bord de Garonne.
Nouveau tirage au sort des rôles : un pêcheur, la chasse aux papillons, des joueurs de carte, une ambiance cocktail…

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La troisième séance évoque les Activités sportives, elle se passe sur le terrain de basket d’Ayguemorte, un lieu de rendez-vous des jeunes.
Les vedettes du jour s’emparent déjà des accessoires : badmington, ballons. L’ambiance commence à ressembler à celle d’une colonie de vacances, une colonie un peu étrange qui déambule et s’arrête de temps en temps pour mettre en scène des actions-décors. Ils enchainent : boxe, muscu, escalade, mêlée, basket. La photographe Manon (de l’équipe parisienne du Bruit du Frigo) leur donne des indications, ils se mettent à jouer en vrai. Pour le badmington, ce sont les deux responsables Jeunesse qui sont volontaires (obligés). Fou rire sur le terrain.
Photo de groupe finale et applaudissements !
Annabelle donne le #tourbuslandscaping à ceux qui utilisent instagram.
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ATELIER MOBILE n°2 du 17 avril
Le rendez-vous était donné au Château de Montesquieu avec les services jeunesse de La Brède et Cabanac. Finalement, le service jeunesse de Cabanac ne viendra pas, ils étaient pris avec les plus jeunes par les activités au centre de loisirs.
Pierre et Nolwenn, les animateurs et 5 jeunes : Simon un grand de 18 ans, et les quatrième Julie, Izaline , Enzo, Julien. Après quelques coups de fil, Swan et Maxime rejoignent l’aventure.
Première photo sur le site de la Rosière à La Brède. Le thème Guinguette est illustré par les actions se restaurer / boire un verre / danser.
Ensuite, direction Villagrain pour le thème Fête foraine. Les actions représentées : pêche aux canards, tir à la carabine, faire des bulles, manger des chichis et une pomme d’amour, « J’ai gagné le gros lot » et les montagnes russes avec les animateurs.

En fin de journée, à Saucats, au théâtre de verdure, derrière l’église, près de l’eau. Les adolescents découvrent ce lieu. Pour le thème Rendez-vous amoureux, un tirage au sort désigne deux jeunes pour le rôle des amoureux : Simon et Izaline. Le décor est installé : Roses rouges, coeur gonflable, lettres LOVE en chocolat à déguster.

Le soir du 4 mai, pendant la fête de la restitution finale, l’exposition montrera grâce à ces photo-montages une vision utopique – en tout cas des envies – de l’usage que ferait les adolescents de leur territoire commun.

 

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épisode 20 : Urbanisme utopique ?

 

Le premier atelier d’urbanisme utopique a lieu à Ayguemorte-les-graves, Jérôme le responsable du service Jeunesse accueille tout le monde.
En attendant que les adolescents arrivent, l’équipe du Bruit du Frigo fidèle à son sens de la scénographie installe la salle, le matériel, accroche aux murs les plans de la communauté de communes de Montesquieu et commande les pizzas. Les premiers arrivent. Parmi eux, les deux meilleurs cuisiniers d’Ayguemorte, Julien et Jérémy, 14 ans : Jérôme les a inscrits au « déjeuner presque parfait » et ils ont gagné avec leur tourte au saumon ! On trouve aussi Thomas, Paul-Lou (une petite bande joyeuse qu’on retrouvera sur les ateliers mobile). Les rejoignent neuf collégiens de Saint-Médard d’Eyrans, filles et garçons, avec Damien leur responsable. Elsa, coordinatrice à la CdC de ce pré-CoTeac est là aussi.

 

Gwenaëlle explique les questions pour lesquelles on attend leurs réponses : comment ils se déplacent, pour aller où, dans quel paysage, quoi y faire.
L’atelier va servir à faire un travail d’imagination, des améliorations imaginaires pour une vie idéale sur leur territoire. D’où le mot Utopique.
Deux groupes sont formés pour la première partie de l’atelier.
D’abord, il s’agit de tracer les contours de la communauté de communes sur une carte. Chacun dessine une forme.

Patate ou carré ?

Ils oublient certaines zones, en rajoutent, mais après vérification, dans l’ensemble tout est là.

 

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Ensuite, toujours à partir de cartes, ils identifient un trajet qui les mène de chez eux (à repérer) à un endroit où ils ont l’habitude d’aller avec leur parents, et un trajet qu’ils effectuent seul. Les adolescents participent facilement, discutent et ont forcément des tas de choses à dire. Les trajets des garçons sont principalement liés aux pratiques sportives.

 

Ensuite, l’Atelier Questionnaire se passe devant le grand écran.
Des images sont projetées – illustrant une pratique, un loisir, un usage – et ils doivent entourer sur leur feuille la réponse qui correspond à leur préférence. L’excitation monte, ça rigole bien, ça délibère et tout le monde répond. De ces choix, seront tirées plusieurs thématiques, ensuite illustrées par des photographies mises en scène : les prises de vue se dérouleront sur certains des lieux proposés par les adolescents le temps des Ateliers mobiles.

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L’ambiance est idéale (survoltée) pour le blind-test.
La play-list composée des morceaux proposés par les lycéens dans le Tourbus – plus quelques titres ajoutés par Annabelle – est diffusée au fur et à mesure. L’équipe du Bruit du Frigo explique les règles, le nombre de points gagnés si tu donnes le titre (3) ou si tu danses (2). Pas de problème, ils sont en pleine forme ! Ça fuse, ça danse (et tout le monde s’y met Sur le mia).
Ils ont l’air content de leur vendredi soir…

à suivre / Lire l’épisode précédent Bruit du Frigo / Lire depuis le début / Lire l’épisode suivant / Le projet #Landscaping Bruit du Frigo /

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épisode 19 : Le principe de l’effet de surprise

#tourbuslandscaping

Transport scolaire oblige, le bus attend les lycéens sur le parking.
Les portes sont ouvertes, tout semble habituel. Ils montent sans se douter de ce qui les attend… Accueillis en musique, l’arrière du bus plongé dans le noir, seulement éclairé de spots rouge et bleu, musique planante, hôtesses d’accueil en rouge : on dirait l’entrée d’une discothèque ou l’intérieur d’une capsule prête au voyage spatio-temporel (version série Z).

C’est quoi ce délire ?

La question résume bien la première réaction des lycéens…
C’est sûr que l’ambiance du transport scolaire est pour le moins inattendue et étrange. Les accueille un par un le maître de cérémonie François (du Collectif Genre). Aux manettes, caché derrière le rideau doré, il y a Nico l’autre acolyte du duo qui envoie les sons, la musique et gère les éclairages.
En accord avec le chauffeur de bus, Le Bruit du Frigo dispose de quinze minutes pour : poser aux lycéens des questions façon quiz, avec des cadeaux à gagner, récupérer des titres de morceaux de musique, leur expliquer le  projet, leur proposer d’y participer et les convier à la fête finale.
15 minutes, c’est peu.
Rythme endiablé des questions/réponses, aucun temps mort, gingles et musique enchaînent, l’impression d’un vrai jeu.
L’effet de surprise est réussi.

On est où, là ?


Mais deux heures avant, l’ambiance était un mélange de stress, d’excitation et d’adrénaline.

Avant de le tester, impossible de savoir si le timing était suffisant pour la customisation de l’arrière du bus.
Les dialogues donnent le ton : particulièrement les réparties de François, l’animateur du Tourbus, qui chauffe son sens de la formule et son second degré :
– Les colliers de serrage en plastique (ou lien colson), c’est écolo ou pas ? Parce que, quand on les jette, après, les tortues se les plantent dans l’œil.
– Mais faut pas les jeter sur les tortues ! Faut les jeter au tri !
– T’es naïf mon petit, le tri, si tu crois que ça marche…

– Je fais comment avec ces rideaux ?
– Installe-les comme chez toi.
– Mais j’ai pas de rideau chez moi.
– Aaaah bon !!!
– Comment tu arrives à le faire toi ?
– Avec du calme.
– T’as qu’à dire que je suis hystérique !

Une dernière petite répétition s’organise au pied du bus. Et nous voilà partis, direction les parkings des lycées.
Quand les lycéens montent dans le bus, François les accueille (en costume de Monsieur Loyal) et au micro (avec un léger effet d’écho) il les réconforte : – Ça va bien se passer…

Pétanque ou Ping-pong ? Vignes ou Forêt ?

Les ados se laissent embarquer.
Les questions posées ont cette forme alternative simple : Tu es plutôt jet-ski  ou plutôt paddle ? La réponse correspond à la couleur rouge ou bleu, les lycéens entourent la réponse sur le questionnaire et surtout lèvent la raquette face rouge ou bleu.
François les provoquent, les amusent, fait l’animateur de jeu un peu dingue, mais de toute façon la situation est délirante, tout le monde se marre il faut bien l’avouer, et surtout quand il commence à offrir des cadeaux ridicules, poussiéreux ou à paillettes, vintages ou inutiles…
Les trois hôtesses (une partie de l’équipe du Bruit du Frigo : Annabelle, Gweanaëlle et Julie) montrent les pancartes-réponses comme dans les shows télé.
Les lycéens – les terminales sont en pleine période d’examen blanc – s’amusent avant même de savoir pourquoi on leur fait vivre ce moment très spécial. Avant de les laisser repartir avec le bus, discussion sur leur façon de vivre et invitation à la party du 4 mai.

Constat du soir : Le goût de jouer a l’air répandu dans toutes les classes d’âge de la communauté de communes.

Plus tard, au dépôt, il faudra défaire le décor et rendre le bus à sa normalité.
De cette façon, quatre rendez-vous ont eu lieu en février 2018 sur les parkings des lycées de Gradignan,  et Talence.
Prochains rdv avec Le Bruit du Frigo : les ateliers !
N’oubliez pas la date de restitution et la fête #tourbuslandscaping : le 4 mai à partir de 19h, parc du Languit à Beautiran

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L’idée de ces interventions – impromptus façon Bruit du frigo – est de récolter des informations sur les usages que font les adolescents de leur territoire : paysages, activités, lieux où ils se retrouvent, ce qu’ils aimeraient améliorer… 

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La play-list constituée par les lycéens servira pour blind-test des prochains ateliers, mais aussi pour la soirée du 4 mai.

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épisode 18 : La solution de la bassine

Dans l’estafette du Chat perplexe, on entend des phrases étranges :
« Là, on va faire le partage des mandarines », « Après on va pousser des voitures », « Faut pas oublier de mesurer entre les yeux des enfants », « On prend la bassine… », etc.
Ce n’est qu’au fur et à mesure des déplacements de la journée que je les comprendrais.

Direction le Marché de La Brède, pour une intervention de la BBEM : la Brigade du Bien-être Mou qui lutte contre les sentiments excessifs tels que la colère, la révolte, le rire…
Toujours sur le même principe, le passage des deux marionnettes est suivie d’interventions musicales et de conversations avec les habitants cette fois-ci sur le thème de la colère et des petites solutions. C’est ainsi que Vlad joue tantôt devant l’étal d’un boucher, tantôt devant le stand de fruits et légumes… Souvent, ces petits marchés du matin sont tranquilles, voir même un peu vides. Les commerçants deviennent le public attitré du Chat perplexe, qui joue son rôle quoi qu’il arrive (et quelle que soit la météo pluvieuse) (mais là, il y a des éclaircies) et va à la rencontre des quelques-uns.
Ici, sur le marché, j’assiste au premier partage de mandarines, c’est une des séquences des Petites Solutions… Il y en a d’autres. Toute la semaine, Morgane filmera des scènes pour fabriquer les clips des Petites Solutions (à voir là).

Il faut redire que les Petites Solutions viennent en tentative de remplacement des grandes (« parce que des grandes idées il y en a eu plein et on trouve que le résultat n’est pas flagrant …« )

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La grande bassine et un stock de préservatifs vont servir au tournage d’une deuxième séquence, celle qui traite du grand problème de l’eau. Cette fois-ci, l’action se déroule dans les espaces verts de la Technopôle, où se trouve la Communauté de communes de Montesquieu. Le concept de cette Petite solution : déclencher des batailles d’eau (les bombes à eaux ) pour, en même temps, donner de l’eau et arrêter la guerre. Tout le monde s’amuse à cette mise en scène : les bombes à eau explosent dans la bassine…

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Nous déjeunons ce midi-là à la cantine de l’école maternelle de Saucats, où nous sommes attendus comme de joyeux invités et bien reçus. En guise de remerciement, la BBEM passera leur rendre visite et Stella leur chantera une chanson…

Nous découvrons Cabanac, sa petite bibliothèque et son espace Jeunesse où est prévu un atelier Réveilleuse pendant l’atelier d’Art plastique. Les enfants rient à cause des risques de « mollesse, tiédeur et plastitude« .
La troupe du Chat perplexe s’éparpille selon ce que chacun doit faire.
Je m’installe au soleil pour écrire et je demande à Lucie et Vlad de rejouer le morceau des géants.

La liberté, c’est dans les pieds…

Le morceau a été écrit pour leur conte musical Les raisons de la colère que je découvrirai le vendredi soir, juste après la cérémonie de signature du CoTEAC.

En fonction du contexte, et du soleil, et des habitants présents, Morgane organise la mise en scène. Slogan de la séquence : « Ensemble, économisons les énergies fossiles« .
Elle « embauche » deux jeunes et leur scooter. On les pousse en descente et en montée, le scooter avance lentement, avec les deux garçons dessus casque intégral sur la tête…
Ensuite, c’est une voiture qui est poussée. L’un des enfants du véhicule s’exclame : « On est passé à la télé ! » Le grand frère, agacé, le remet sur terre : « Mais non, on n’est pas passé à la télé du tout… »
Et je repense à l’atelier d’hier au sujet des trucs qui énervent : les petites sœurs et les petits frères…

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