épisode 26 : Satie et ça sourit

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Estelle joue ce matin à 10h son spectacle Ça c’est SATIE, dans la salle l’Espace culturel Georges Brassens de Léognan, devant deux classes de maternelle. Elle est accompagnée par les deux régisseurs, Emma et Fred. Hier, ils ont installé le décor pour faire les réglages, en ont démonté une grande partie en fin d’après-midi parce que c’est aussi une salle de cinéma… Ce matin, réinstallation.
Les artistes et techniciens du Chat perplexe s’adaptent aux lieux, aux contraintes, aux horaires. La moyenne et la grande section de l’école Jean-Jaurès de Léognan arrivent et s’installent.

Le spectacle, du théâtre musical et cinématographique pour les enfants de 4 à 9 ans (et leurs parents), est délicieux. Le personnage en scène, Philomène, s’inspire du compositeur Érik Satie. Les scènes s’appuient sur ses lubies et ses fantaisies, dont je découvre l’étendue. Chaque objet du décor participe à l’histoire. Une porte au milieu de la scène coulisse et se déplace, le tourne-disque parle, les pensées s’écoutent… Philomène nous montre la vie curieuse de cette drôle de maison, et parfois nous emmène en promenade. Je suis assise au milieu des enfants. Ils sont absorbés. L’un d’eux explique aux autres à voix haute les effets visuels :

C’est de la magie…

Morgane a réalisé des films qui sont projetés en fond de scène, pour des inventions très simples et poétiques. Un petit bateau en papier tourne sur la platine, les nuages se déplacent derrière, les jeux d’ombres et de vidéos fabriquent un voyage. On entend quelques notes de musique seulement à la fin.
Et les tout-petits spectateurs à la fin du spectacle en réclament : Encore !
Estelle vient en bord de scène leur expliquer en quelques mots que le spectacle s’inspire de la vie réelle d’un musicien génial et un peu fou.
Elle sort de scène heureuse d’avoir joué ce spectacle, qu’elle aime particulièrement, et heureuse de la réaction du jeune public : La difficulté quand on joue pour les enfants c’est de faire avec leur désir de commenter, spontané. Il y avait une grande et belle attention ce matin-là.

 

Il est bientôt 13h, autre ambiance, la troupe se retrouve à la cantine de la Technopole de Montesquieu où se trouvent les bureaux de la CdC.
Pendant le spectacle, le reste de la troupe est allé à la rencontre des commerçants de Léognan. À table, Jean nous raconte. Notamment un moment charmant, fragile, entre un jeune agent immobilier et Stella qui lui chante : You belongs to me… Ce temps suspendu vient après qu’il ait répondu à la question : Qu’est-ce que vous trouvez beau ? Il a répondu : le stade et ma copine.
Avec la pharmacienne, aussi, un bel échange. Elle trouve « qu’elle existe davantage quand elle va au spectacle ». Elle a accepté de tenir le sablier, sans trop savoir pourquoi, et n’avait pas vu que Jean s’installait avec la scie. Au moment où elle tourne le sablier pour commencer la mesure d’un temps suspendu, le son pur de la scie musicale l’attrape…
Le fromager, et président des commerçants, a d’abord été surpris par cette troupe qui débarque dans son magasin, et puis, de discussion en musique, il a pris le temps – qu’il n’avait pas, disait-il – à son tour…
On sent toute la troupe enthousiaste de cette matinée, du spectacle aux échanges avec les commerçants, un plaisir nourri de partages réussis. Ils ont l’air heureux.

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Profitant d’un moment sans pluie, une séance photo s’organise, ceux de la cie qui n’ont pas encore leur portrait et les nouvelles marionnettes de la BATM, le Bureau Anti-Temps morts. Une répétition s’organise avant leur intervention dans les étages de la CdC.

Voilà les marionnettes devant le bureau Service vie locale :

– Chef ! Chef ! J’ai vu le temps passer !
– Rattrapez-le !

Stella lance le métronome, accessoire qui délimite l’intervention artistique.
Au travers d’un long tube qui arrive tout droit dans l’oreille de l’employée, volontaire pour occuper ce temps poétique, Camille lit des poèmes de Pessoa tout doucement. Tac tac tac tac, le métronome ryhtme, la poésie passe d’une bouche à une oreille, les sourires au passage sur le visage.
La BATM intervient dans le bureau des Ressources humaines. Puis, le duo de musiciens s’installe dans le bureau exigu : Jean à la scie musicale et Nico à la guitare. Camille vient danser autour d’eux. Cela fabrique une douceur, dont le personnel présent ne sait pas vraiment quoi faire, ni comment réagir. Et l’argument Je n’ai pas le temps ne tient pas en face de la Brigade et des musiciens du temps perdu…
La dernière intervention se déroule au Service Systèmes d’information et télécommunications. On sent une grande agitation : ils sont en pleine tension, à cause d’une panne du réseau, le temps est à l’urgence.
La cie du Chat perplexe conclue par  : « Être confronté à des situations absurdes, ça ne nous fait pas peur ! »

Les voilà repartis pour de nouvelles aventures : ils ont rendez-vous dans des bibliothèques pour des impromptus nouveaux que je n’ai encore jamais vus.

 

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à suivre / Lire l’épisode précédent du Chat perplexe / Lire depuis le début / Lire l’épisode suivant

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