Episode 6 : la troupe se grise

La traversée de Saint-Médard d’Eyrans reste un peu triste en ce début d’après-midi, la faute aux ciels gris et aux places vides. Heureusement, vers 16h, la sortie de l’école maternelle – et ciel bleu – favorisera le retour à la fantaisie.

La cie du Chat perplexe ne semble pas du tout atteinte par un quelconque pessimisme, au contraire : ils déploient une énergie – même entre eux, même hors des spectateurs – qui doit leur faire comme un liant, fait d’adrénalines et d’enthousiasmes.
Comme si l’espace de répétition était ces rues désertes, ou l’intérieur de l’estafette, un chemin au bord d’une forêt… Entre chaque intervention publique, quelque chose se tisse, se compose. Dans le camion, ça improvise, ça discute, ça propose.
Pour l’instant, la rencontre avec les habitants se fait au compte goutte. J’ai observé de beaux sourires, celui de la vieille dame au chignon serré et ses cartes en main quand Stella chantait. Comment identifier dans les cahiers des charges des contrats d’éducation artistique et culturelle ces émotions subtiles, presque inaperçues ?

J’ai la chance d’en être témoin. Il faudra me croire sur parole. J’ai vu des situations inattendues. Et je savoure le grain de folie qui les prend entre les décisions et les actions, quand la liberté attrape toute une compagnie de théâtre, je vous assure, c’est réjouissant.

Avant d’aller à l’école, – c’est bientôt l’heure du goûter -, arrêt au skate-park, juste à côté de l’ancienne gare.  L’objectif : filmer quelques scènes qui intégreront le film réalisé par Morgane. Vidéaste, elle réalise toutes les captations de la Cie et travaille à des courts-métrages pour leur prochain spectacle.
Assis sur le module de skate, Gabriel joue de la guitare. Emma et Lucie s’habillent : chapeaux et queues de pie. Morgane filme la scène de danse en haut de la rampe, les musiciens en bas jouent la mazurka. Descende collective façon toboggan.

Devant l’école, les tout-petits sortent, avec leur mini-valises à roulettes qui leur donnent des airs sérieux de voyageurs pressés de rentrer chez eux. Quelques-uns s’arrêtent les yeux écarquillés, devant Stella, grimpée sur un tabouret, yukulélé en main, elle chante son air si joli extrait de Au pied des pins têtus, le spectacle qu’elle joue demain à la Salle des fêtes de Saint-Médard d’Eyrans. Pendant ce temps, les autres distribuent accrochés à des cannes à pêche un p’tit vers, rouleau de papier sur lequel est imprimé un morceau de poésie.
Les parents s’arrêtent, les discussions autour du CoTEAC, du spectacle de demain, il y a plusieurs horaires – tout est complet – , Olivier fait de la pluie sur le parapluie sous lequel Stella s’abrite, elle joue déjà son personnage du spectacle, avec son ciré jaune…

Le soir, je me dis : la troupe du Chat perplexe s’adapte à toutes les situations.
Pourtant, je suis loin d’avoir tout vu…

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