épisode 1 : Territoire commun

Je dois raconter ce projet d’éducation artistique et culturelle. Et je cherche un titre.
Pour l’instant, celui-ci – Territoire commun – me vient.
Je le déclare provisoire, parce que parmi la liste des mots et phrases que je m’étais jurée de ne plus dire, il y avait Territoire. (et aussi : une expérience sensible, un geste fort et l’adjectif singulier).

Mais, pourtant, je crois que pour ce récit, le mot Territoire convient vraiment, à cause de ce lieu géographique que compose un ensemble de communes, 13 pour cette communauté où nous allons, réunies en une seule existence administrative.
Si on y pense, c’est le début (au regard de l’histoire d’un pays) des communautés de communes, (j’ai vérifié : 1992) et on assiste, sans s’en rendre bien compte, au destin de nouveaux dessins de territoires. Peut-être que dans 100 ans, les peuples des CdC se revendiqueront hauts et fiers, et voudront même une autonomie, allez savoir…
À celle-ci Communauté de Communes, on a donné un nom générique et prestigieux : elle est de Montesquieu.
*Parce que, au cœur de La Brède (une des 13), se trouve le Château de Montesquieu. Où il vécut. J’avais écrit une chronique – déambulation – qui s’y passait. C’est un endroit que j’aime beaucoup.
J’y reviendrai sans doute à Montesquieu puisque nous allons parler – surtout écrire – de culture, et de partage et de mettre en commun.

Parmi les nombreuses questions de cette histoire : Comment organiser les conditions d’accès à des choses artistiques et culturelles, quand tout ça n’est, a priori, pas servi sur un plateau ? Les habitants en ont-ils envie ? Et puis, envie de quoi ? Mais comment savoir de quoi ils ont envie s’ils ne savent pas de quoi on parle ? Où les rencontrer ? Comment se rencontrer ? Pourquoi de la culture à partager ? Artistique où ça ? Qui va conduire L’Estafette ? Et le Bus ira jusqu’où ? Et à la fin, fera-t-on la fête  ?

Pendant quelques mois, le territoire de la CdC de Montesquieu sera occupé d’une Cie de théâtre Le chat perplexe et d’un Collectif Le bruit du frigo. Ces artistes auront pour mission de faire ce qu’ils savent et aiment faire : leur art et leurs spectacles, et révéler des désirs, des manques, des étonnements, des interrogations.
De quoi nourrir un programme plus large d’actions culturelles : une préfiguration, en quelque sorte. Mais pas une préfiguration théorique, ou secondaire, non, une préfiguration qui ressemble à ce que pourraient être, en vrai, trois années d’actions artistiques et culturelles à destination des habitants, particulièrement les enfants et les jeunes, des 13 communes.
Ce type de programme s’appelle un CoTEAC, des mots comme seules les administrations, les collectivités et les entreprises savent en inventer, des mots qui n’ont rien à voir avec la littérature.
Il va falloir s’y faire, c’est un des personnages de cette histoire.

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